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  • : Les Verts d' Aubervilliers
  • : Le Blog de Jean-François Monino, élu Maire Adjoint d'Aubervilliers, est là pour vous informer de son action dans les domaines aussi variés que l:'environnement, les transports, la sécurité, la prévention, la gestion des déchets et les relations internationnales
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  • Jean-François Monino
  • Maire adjoint à la Ville d'Aubervilliers aux travaux,à la Voirie.
Vice Président à Plaine Commune
Président de l'association Aubervilliers Environnement - Aubervilliers Ecologie.
  • Maire adjoint à la Ville d'Aubervilliers aux travaux,à la Voirie. Vice Président à Plaine Commune Président de l'association Aubervilliers Environnement - Aubervilliers Ecologie.

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 13:45


320 milliards d’Euros, oui 320 milliards, c’est la somme débloquée par l’Etat français sous présidence Sarkozy pour sauver les banques, dont 10,5 milliards injectés immédiatement pour soulager les six grandes banques françaises ! Comparaison n’est pas raison, certes, mais mettons à côté de ce chiffre celui du trou de la sécu, 15 milliards prévus en 2009, servant à justifier en permanence les déremboursements de soins (dentaires, optiques, frais d’hospitalisation, etc.), ou encore le budget de l’éducation nationale, 58 milliards d’Euros pour 2008, 19 milliards de moins qu’en 2007, et 13 500 postes de profs supprimés l’année prochaine, toujours pour raison budgétaire. Dernier chiffre : 10 milliards d'euros, c'est exactement le montant nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde, selon une estimation des Nations Unies.

 

On le voit, la priorité de l’Etat français aujourd’hui, ce n’est ni la santé de nos concitoyens, ni l’avenir de nos enfants, mais le sauvetage d’un système économique libéral devenu complètement fou. La machine s’est cassée par l’inconséquence d’une poignée de financiers rapaces dont la majeure partie de nos dirigeants, français et européens, partage encore aujourd’hui le même prisme idéologique (celui du libre échange inconditionnel). Nicolas Sarkozy a beau jeu aujourd’hui de prendre la posture du chef d’orchestre de la refonte du capitalisme et du retour de l’Etat, lui qui prône depuis des années l’adoption en France du libéralisme anglo-saxon. Il y a encore quelques semaines, son gouvernement proposait un texte pour dépénaliser le droit des affaires et donc permettre aux financiers de jouer notre argent avec encore plus de facilité.

 

Face à ce sombre tableau, que faire ? L’économie réelle commence juste à subir les premiers effets de la crise financière. Dans les mois qui viennent, 20 millions de personnes risquent de se retrouver au chômage dans le monde (chiffre du directeur du Bureau International du Travail - BIT.) Précarisation accrue au Nord, multiplication des émeutes de la faim au Sud, nous ne sommes plus dans l’urgence mais dans la bérézina. Les mouvements de résistance à la globalisation financière, écologistes et altermondialistes, n’avaient jamais encore vu leurs constats critiques sur l’économie s’avérer, malheureusement, aussi justes. Ce n’est pas pour cela qu’ils sont plus entendus. Bien au contraire, ce sont exactement les mêmes acteurs, pompiers pyromanes, qui mettent leur casquette à l’envers pour prôner aujourd’hui ce qu’ils réfutaient hier, disons pour faire vite l’intervention de l’Etat et le retour du secteur public sur la scène internationale.

 

A l’échelle d’une collectivité territoriale telle que la ville d’Aubervilliers, les conséquences de la crise financière ne sont pas anodines. Dexia, qui est la principale banque de financement des collectivités locales, a échappé de peu à la banqueroute en bénéficiant d'un plan de recapitalisation d'urgence de 6,4 milliards d'euros impliquant les Etats belge, français et luxembourgeois. La ville, déjà endettée, voit son avenir financier assombri.

 

Il est donc grand temps de « changer le disque dur » concernant l’économie. Sortir du dogme de la croissance à tout crin pour enfin prendre en compte les contraintes environnementales (on ne peut pas baser tout un système économique sur une croissance infinie sur une planète aux ressources naturelles finies). Pour reprendre un terme cher à Pierre Bourdieu, il s’agit de créer des « niches » de résistance au système. Un des outils pour cela est l’économie sociale et solidaire.

Encore un chiffre mais plutôt positif : en 2006, 253 000 salariés en insertion ont été embauchés ou mis à disposition par une des 5300 structures d’insertion par l’activité économique. C’est donc un secteur en plein boom.

Ainsi, sur la ville d’Aubervilliers, nous cherchons à soutenir l’économie sociale et solidaire, secteur regroupant toutes les entreprises et organisations dont le but ultime n’est pas la recherche du profit. C’est pourquoi le 17 octobre 2008, lors de la journée du refus de la misère, a été lancé, porté par notre élue Verte Christine Ratzel, le premier Conseil Local de Prévention des Exclusions et de Promotion de l’Economie Solidaire. Ce CLES (réflexion en cours sur le nom) aura vocation, en concertation constante avec les habitants, à soutenir ce secteur sur la ville. Les habitants sont conviés à participer à la première réunion du Conseil, le 25 novembre, à 18h, à la Maison des Solidarités, 29 rue de la Commune de Paris. Cet humble outil peut paraître bien pâle face à l’ampleur de la crise mais il constitue une première marche pour basculer enfin vers une société plus solidaire.

Comme le disait Théodore Monod « Le peu, le très peu que l’on peut faire, il faut le faire quand même. ».

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