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  • : Les Verts d' Aubervilliers
  • : Le Blog de Jean-François Monino, élu Maire Adjoint d'Aubervilliers, est là pour vous informer de son action dans les domaines aussi variés que l:'environnement, les transports, la sécurité, la prévention, la gestion des déchets et les relations internationnales
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  • Jean-François Monino
  • Maire adjoint à la Ville d'Aubervilliers aux travaux,à la Voirie.
Vice Président à Plaine Commune
Président de l'association Aubervilliers Environnement - Aubervilliers Ecologie.
  • Maire adjoint à la Ville d'Aubervilliers aux travaux,à la Voirie. Vice Président à Plaine Commune Président de l'association Aubervilliers Environnement - Aubervilliers Ecologie.

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 13:30
Encore un excellent édito de Noël Mamère à propos du dernier G20. Ca change de tous les éditos langue de bois dythirambiques de ces derniers jours. Rien à ajouter!


G20 ou G VAIN ? La grande fête avant la catastrophe
Edito du 6 avril 2009

Ainsi-soit-il. La messe est dite. Au G2O, nous avons donc assisté à la naissance de la Grande Alliance mondiale pour sauver le capitalisme... Au delà des images, comment peut-on évaluer ce show qui a réuni les dirigeants des vingt plus grands pays de la planète et des institutions financières et politiques mondiales. Pour l’instant, le plus concret tient dans le plan de relance de 1100 milliards accordés au FMI pour abonder l’économie mondiale. C’était la demande d’Obama. Elle a été exaucée sans que l’on sache comment elle sera distribuée, selon quels critères et qui sera concerné dans un marché où le dollar est toujours la monnaie reine.


La deuxième "avancée"- conséquence de ce qui précède - serait, nous dit-on, le rôle renforcé du FMI. Si la nouvelle est bonne pour son directeur, Dominique Strauss-Khan, les "états de service" de ce Fonds laissent songeur. Il suffit pour s’en convaincre de faire le compte des États qui ont sombré dans la faillite, dont les services publics on été démantelés, étranglés par les plans d’ajustements structurels de cette institution à laquelle ils ne pouvaient rembourser leur dette. Ce Fonds sera démocratisé, parait-il. Comment ? Qui décidera ? Rien n’est dit. Pire, le non - justifié - au protectionnisme consacre le rôle de l’OMC comme gendarme chargé de faire respecter ... le libre échange et de faire aboutir les négociations du cycle de Doha qui consacrent l’ouverture des marchés agricoles, c’est-à-dire la condamnation à mort de millions de paysans du Sud, exclus du droit à la souveraineté alimentaire.


Last but not least, la cerise sur le gâteau de ce nouveau capitalisme serait la fin des paradis fiscaux. Une double liste, grise et noire, connue de tous depuis des années, mettrait à l’index ces maisons closes du capital, où l’on blanchit l’argent sale et où l’on échappe au fisc... Les Etats-Unis et la Chine n’ont rien dit sur leurs propres "blanchisseries", tels le Delaware, Macao ou Hong-Kong. Et ce n’est pas demain la veille de la levée du secret bancaire dans des pays (européens) tels que l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg ou la City de Londres. Compte tenu de ce constat, le plus étonnant reste donc le concert de louanges qui a accueilli le sommet du G20. Il y aura peut être un plan de relance après ceux annoncés depuis la crise financière. Et alors ? Tant que ce modèle de croissance, fondé sur le pillage des ressources naturelles qui se raréfient au fil du temps, ne sera pas inversé, tant que l’économie ne sera pas réorientée et relocalisée, dans le cadre d’un grand plan de conversion écologique, tant que les richesses ne seront pas redistribuées, les causes profondes de la crise demeureront. Les mêmes maux produiront les mêmes effets. Le G20 n’aura été qu’un show de plus, un épisode du grand storytelling écrit pour les peuples de la planète, dont Barack Obama aura été le maître d’œuvre.


Comme à son habitude, Nicolas Sarkozy a surjoué son rôle, alors que sur le fond il n’a rien obtenu. Contrairement à ce qu’il a voulu faire croire au bon peuple, il n’a pas demandé grand chose de différent qu’une déclaration dont ses sherpas, comme ceux des dix neuf autres chefs d’Etats, connaissaient déjà les termes. Mais que pouvait-il de plus dans une structure politique aussi faible que l’Europe qui n’a pas de politique économique et financière cohérente, au contraire des États-Unis ? On peut, comme nous, ne pas être d’accord avec la relance industrielle d’Obama, mais elle a au moins un mérite : Il parle au nom des États-Unis. Alors que l’Europe, et même la zone Euro, n’arrive pas à créer ce gouvernement économique capable d’adopter et d’appliquer une politique économique à l’échelle du continent. La multiplication des plans de relance nationaux en fait foi. Cette absence de coordination a transformé l’Europe en un nain politique. Obama avait bien des interlocuteurs à Londres, mais ils s’appelaient Hun Jintao, le Président chinois et Lula, le Président brésilien qui, le temps passant, s’assume de plus en plus comme le leader des Etats émergents. Certes, Obama est venu chercher la reconnaissance politique des Européens, mais ce qu’il voulait, avant tout, c’était l’engagement de troupes fraiches pour poursuivre la guerre d’Afghanistan qu’il mène sous la bannière de l’OTAN. Il y a mis le prix en passant un gentleman agreement avec la Turquie devenue le "Monsieur Bons Offices" dans le monde musulman et dans le conflit israélo -palestinien, en accordant un répit à Poutine sur l’Ukraine, la Géorgie et les pays Baltes... Barack Obama n’est ni le Messie ni le Bon Samaritain, il défend les intérêts de son pays et de son industrie.


L’autosatisfaction des Européens désunis risque donc de n’être que de courte durée. Les ouvriers de Caterpillar, de Continental l’ont compris : S’ils ne veulent pas être les dindons de la crise, ils doivent rejeter les semeurs d’illusions qui, comme à Gandrange, leur ont promis qu’ils sauveront leurs emplois. Ils n’obtiendront que ce qu’ils arracheront par eux-mêmes à des groupes sans frontières qui vont là où la main-d’œuvre est moins chère et corvéable à merci. La supercherie de ce "G Vain" a donc été de faire croire, une fois de plus, à une ère nouvelle alors qu’il ne s’agit que d’un énième replâtrage. Le choc des images et le poids des mots ont tenu lieu de politiques publiques.


Le G20 a permis de faire une belle photo de famille, un peu comme sur le Titanic, avant le choc final. Le navire coule mais les invités du bal ne le savent pas encore.


Noël Mamère, le 6 avril 2009.


P.S. 1 : A Strasbourg, les manifestations auront été d’une violence rare. Le bouclage total du centre-ville ressemblait à celui de Gênes. J’avais alors demandé une commission d’enquête internationale. Cette fois-ci, je renouvelle ma demande, mais au niveau national, d’abord, pour mettre Michelle Alliot- Marie en face de ses responsabilités. Un quartier populaire a été dévasté, des brutalités ont été exercées. Heureusement, il n’y a pas eu mort d’hommes, comme à Gênes, mais la souricière qui voulait contenir les manifestants les plus violents s’est transformée en un piège pour tous ceux qui voulaient simplement dire leur refus de l’Otan .


P.S. 2 : L’affaire Jadot révèle une nouvelle fois que les nucléocrates sont un État dans l’Etat. Pour protéger leurs secrets ils sont prêts à tout. EDF a beau clamer son innocence, elle a fait appel à une officine de mercenaires qui disposait de tous les pouvoirs pour tenter de nuire à Greenpeace. Yannick Jadot, tête de liste d’Europe Ecologie dans l’Ouest, était le premier visé car il avait la responsabilité des actions sur le terrain. Avec José Bové, Eva Joly, Dany Cohn-Bendit, il fait maintenant partie de cette dream-team de l’écologie qui a fière allure. Si voulez faire rendre gorge à EDF et aux nucléocrates, vous avez une possibilité concrète : élire Yannick et ses camarades au Parlement Européen, en votant pour eux le 7 juin. La campagne d’Europe Ecologie est lancée le 8 avril à Toulouse . C’est là, sur le site d’AZF dévasté que j’avais donné le coup d’envoi de la campagne présidentielle des verts, en 2002... C’est un bon signe !


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