Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Les Verts d' Aubervilliers
  • : Le Blog de Jean-François Monino, élu Maire Adjoint d'Aubervilliers, est là pour vous informer de son action dans les domaines aussi variés que l:'environnement, les transports, la sécurité, la prévention, la gestion des déchets et les relations internationnales
  • Contact

Profil

  • Jean-François Monino
  • Maire adjoint à la Ville d'Aubervilliers aux travaux,à la Voirie.
Vice Président à Plaine Commune
Président de l'association Aubervilliers Environnement - Aubervilliers Ecologie.
  • Maire adjoint à la Ville d'Aubervilliers aux travaux,à la Voirie. Vice Président à Plaine Commune Président de l'association Aubervilliers Environnement - Aubervilliers Ecologie.

Recherche

Archives

27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 15:05

PAR ARNAUD DE LA GRANGE
27/11/2009 

Premier pollueur de la planète, la Chine met aujourd'hui les bouchées doubles avec volontarisme en matière d'énergies renouvelables, dans l'éolien comme le solaire. Même s'il ne s'agit encore que de quelques gouttes d'eau dans la mer.

Les interminables steppes de Mongolie-Intérieure, qui courent sur plus de 2 000 kilomètres du désert de Gobi au fleuve Argoun, ont toujours offert de la place aux légendes pour s'ébrouer et enfler. Dans cette province chinoise des confins septentrionaux, on aime encore raconter l'histoire d'un destrier magique, fils spirituel d'une femme chamane. Les deux ailes de ce« cheval de vent » lui permettent d'échapper aux griffes d'un khan diabolique. Le vent est au cœur de l'histoire mongole, au centre de son présent aussi. Aujourd'hui, des milliers d'éoliennes géantes viennent strier de blanc le vert des steppes vallonnées, quand elles ne se fondent pas dans la neige hivernale. Ici, se joue l'avenir - ou au moins l'image - d'une« Chine verte » qui vient bousculer celle plus répandue et plus noire de« l'empire pollueur ».

A 120 kilomètres à l'est de Houhehot, la capitale provinciale, Huitengxile est l'une des plus grandes fermes éoliennes du pays. Au milieu de nulle part, on butte sur un bâtiment neuf abritant d'austères bureaux, mais aussi un étonnant court de tennis couvert. On est au PC local deBeijing Energy Investment Holding, une des cinq entreprises opérant dans la région. Dehors, il fait - 15 °C et des ouvriers luttent contre les rafales glacées. «Notre première tranche de 134 éoliennes de 750 kW a commencé à produire en 2006, explique la patronne des lieux, Xiao Li, et nous en construisons main tenant une vingtaine d'autres de 1 500 kW.» De fait, Ba Tu et sa femme Ai Wa, les seuls habitants à des lieues à la ronde, voient chaque année les éoliennes pousser comme fleurs au dégel. «Il y en a déjà un millier, assure Ba Tu. C'est normal, ici, ça souffle fort tout le temps, en toutes saisons. Vous savez, notre pays est appelé l'empire du Vent.»


Au milieu de cette forêt d'ailes blanches, le couple a bâti un petit campement de yourtes qui accueille des touristes pendant les deux seuls mois d'été où le froid consent à se retirer. «Bien sûr, on préférerait que le paysage soit resté pur, sans ces machines qui font un bruit continu, explique Ba Tu. Mais, après tout, c'est aussi un élément de curiosité.» A quelques kilomètres de là, cette irruption mécanique et moderne glisse sur le cuir de Zhao Shanyang, fermier d'une soixantaine d'années qui n'a jamais quitté le« pays du Grand Ciel ». «Cela n'a rien changé à ma vie, dit-il, il y a juste moins d'oiseaux. Il pleut moins aussi, je suis sûr que ces machines éloignent les nuages. Mais il paraît que cela va sauver notre nature, alors c'est bon.» Dans la steppe mongole, le rapport à la nature est fort, brutal même souvent, mais essentiel.


Le célèbre best-seller Le Totem du loup, qui s'est vendu à des millions d'exem plaires, est aussi un cri en faveur du respect de l'environnement. En annonçant cet été son projet de le porter à l'écran, le cinéaste Jean-Jacques Annaud a confié que ses repérages en Mongolie-Intérieure lui avaient offert l'agréable surprise d'une Chine désormais soucieuse de son environnement.


Des confins du désert de Gobi aux rives de la mer de Chine, Pékin s'attache aujourd'hui à prendre le contre-pied de sa réputation de catastrophe environnementale. La Chine part de loin, mais le mariage d'une volonté politique indiscutée et de moyens financiers considérables la propulse en avant avec rapidité. Et la Mon golie-Intérieure est un terrain stratégique de ces grandes manœuvres vertes. Selon un responsable de la province, «8 sur 10 des ampoules de Pékin sont éclairées par de l'électricité produite ici». Avec les provinces du Gansu et du Xinjiang, la Mon golie-Intérieure concentre l'essentiel des grands projets solaires et éoliens chinois. On y trouve plus d'un quart du parc éolien du pays, et près de 40 % des projets du secteur pour les prochaines années. Les ambitions chinoises paraissent folles. Le parc éolien est aujourd'hui de 12 gigawatts (GW). Récemment, les autorités ont fixé un objectif de 100 GW et on leur prête l'intention de relever cette cible à 150 GW ! La Chine se classe au 4e rang mondial, derrière les Etats-Unis, l'Allemagne et l'Espagne. Mais au rythme actuel, Pékin devrait se hisser au 1er rang mondial dès la fin de 2011

Le charbon fournit encore 70 % de l'énergie du pays

Bien sûr, la réalité des projets « verts » n'est pas toujours à la hauteur des résultats affichés. Un pourcentage important des fermes éoliennes produisent de l'électricité qui ne va nulle part, car elles ne sont pas raccordées au réseau. Mais ces réalisations permettent aux gouverneurs de province de faire bonne figure à Pékin, et à un certain nombre d'acteurs de toucher les subventions accordées à ces énergies« renouvelables ». Et puis, la route qui mène à Huitengxile depuis Houhehot est une allégorie bitumée de la question énergé tique chinoise. Pour trouver, au bout du chemin, les grandes ailes à capturer le vent, il faut d'abord croiser des colonnes de noirs camions transportant ce charbon qui fournit encore 70 % de l'énergie du pays, et qui va rester essentiel encore longtemps, avec son cortège de pollutions et de catastrophes minières.


Quelques milliers de kilomètres plus à l'est, au bord de la mer de Chine, la province du Shandong fait assaut de « volontarisme vert ». Avec plus ou moins de bonheur, chaque ville y va de son projet. Désigné pour accueillir les épreuves nautiques des Jeux olympiques de 2008, l'ancien comptoir allemand où se brasse la plus célèbre bière chinoise, la Tsingtao, a mis les bouchées doubles et les Français y ont aidé. Lors d'épreuves d'entraînement, il y a trois ou quatre ans, des« voileux » étrangers confiaient redouter de dessaler dans cette eau douteuse. Lors des régates de l'été olympique, ils ont pu mesurer les progrès réalisés. Non loin de la marina des JO, une grosse boule blanche fait face à la mer. La station de traitement des eaux deVeolia Environnement est opérationnelle depuis l'été 2007. Auparavant, il n'y avait qu'un traitement primaire des eaux usées, autrement dit de simples grilles arrêtant les éléments flottants. «Avec les yeux du monde entier fixés sur Qingdao, nous n'avions pas le droit à l'erreur et étions surveillés de très près, raconte Gustavo Migues, patron de Veolia Eau pour la Chine centrale, et le pari a été tenu. Aujourd'hui, ce site traite les eaux de 700 000 habitants. Et les boues sont utilisées pour générer du biogaz, qui fournit 70% de l'électricité de la centrale.» Les besoins sont encore immenses, 70 % des rivières et lacs chinois étant sérieusement pollués.


Deux cents kilomètres plus au sud, la ville balnéaire de Rizhao s'enorgueillit d'avoir reçu, le mois dernier, une récompense de l'ONU pour ses efforts en matière d'habitat vert. Sous le soleil d'hiver, les toits ressemblent à une mer de panneaux solaires. «Ils recouvrent plus de 560 000 mètres carrés, explique Yu Haibo, chef du service de l'urbanisme de la ville, et 95 % des habitations de la ville sont équipées de chauffe-eau solaires.» Le Shandong est la Mecque chinoise du solaire. Plus à l'intérieur des terres, la ville de Dezhou - la « Cité du Soleil » -abrite la société Himin, le numéro un chinois du chauffe-eau solaire. Elle a obtenu d'accueillir en 2010 le 4e Congrès mondial des villes solaires, et construit pour cela une« vallée du soleil », avec centre de conférences, hôtels, stades... Un peu plus loin, sort de terreUtopia Garden, avec ses 1 600 appartements du futur. «Les balcons sont des tubes de chauffe-eau solaires et le toit est constitué de panneaux solaires qui alimentent l'air conditionné, explique Han Changming, patron de la communication de Himin. Toute la première phase est vendue.» Au prix de 6 200 yuans, en moyenne, le mètre carré, contre 3 500 yuans en ville, le « vert » ayant un prix.


L'urgence, pour Pékin, est aussi écono mique. Selon un rapport officiel chinois, le montant des pertes dues à la pollution représenterait 10 % du PIB du pays. A l'inverse, le« business vert » devrait représenter entre 500 et 1 000 milliards de dollars d'ici à 2013, soit près de 15 % de ce même PIB. Sur les voitures électriques, le solaire ou les centrales à charbon propres, Pékin mène des projets pilotes très en pointe. «Il est évident que le gouvernement fait de gros efforts, notamment dans le domaine des nouvelles énergies, commente Li Bo, de l'ONG chinoiseLes Amis de la nature, mais les problèmes augmentent encore plus vite que ces efforts.»


Deux chiffres donnent la mesure du casse-tête. Chaque année, Pékin met en service une centaine de gigawatts, soit l'équivalent de la totalité du parc électrique français. Et, dans les vingt ans qui viennent, la population urbaine devrait augmenter de 450 millions d'habitants, sachant qu'un urbain consomme trois fois plus d'énergie qu'un rural.


Tout le problème de la Chine est là. «Rien n'y est jamais petit», comme l'a dit un jour le Premier ministre Wen Jiabao. Ni les solutions ni les défis.

Partager cet article
Repost0

commentaires